Opinion

Jeudi 29 mars 2007

- Regards sur la poésie de la poétesse Arlette Philbois -

Chaque livre a besoin d’une introduction, et toute introduction écrite sur et pour un livre, elle représente un miroir clair qui nous aide à voir les rues, les boulevards, les maisons et les chambres de la ville de ce livre présenté. Car le livre est comme une île magique et mystérieuse pour les lecteurs. Et chaque lecteur cherche un guide, qui le mène dans le vrai chemin, le chemin droit qui va au centre, au cœur de ce livre même, car chaque livre, comme a dit Maurice Blanchot, « Un livre, même fragmentaire, a un centre qui l’attire. Celui qui l’écrit, l’écrit par désir, par ignorance de ce centre. Le sentiment de l’avoir touché peut bien n’être que l’illusion de l’avoir atteint.


Quand il s’agit d’un livre d’éclaircissements, il y a une sorte de loyauté méthodique à dire vers quel point il semble que le livre se dirige. ». Et puisque chaque écrivain, et surtout l’écrivain- poète, crée son voyage personnel, et en le créant il nous invite à le partager avec lui. Il nous envoie à travers ses mots, ses phrases et ses images , une invitation au voyage, comme il a déjà fait Charles Baudelaire, mais une invitation qui n’est pas tout à fait innocente bien sûr, puisqu’elle est tout simplement une invitation poétique. Le poète veut à travers cette invitation nous séduire, nous faire vivre et revivre le plus tôt possible, dans son monde, le monde qui essaye de le recréer à travers nous. Car en le lisant, on va lui donne la vie d’exister.

C’est pour ces raisons là, que le poète André Labrosse nous présente le voyage poétique de la poétesse Arlette Philbois, dans son recueil de poèmes intitulé « Vers le ciel » par ces beaux mots poétiques :

« Parcheminer des mots avec franchise poétique
Ressentir l’émotion, se gaver de tendresse
Voilà ce beau voyage entrepris avec cette poétesse. »

Après l’introduction vient le titre pour nous donner un clin d’œil
Sur les thèmes du livre. C’est pour cela qu’on voit que le titre « vers le ciel » est un titre magnifique, un titre qui se compose de deux mots, l’un décrit le chemin, la route qu’on doit traversé pour arriver à notre endroit préféré où nous voulions y rester et l’autre mot désigne cet endroit même qui n’est ici que le ciel, lui-même. Dire le ciel, cela veut dire, l’univers de l’imaginaire créatrice, l’univers de l’esprit libre, l’univers de la bonté avec toutes ses manifestations réelles et irréelles mêmes. Car le ciel est considéré depuis toujours, comme un symbole d’un monde de rêves, d’un monde de haut, et le rêve de vol pour arriver au ciel, est devenu un des symboles les plus clairs, un des concepts d’explication les plus communs : il symbolise, selon Gaston Bachelard, les désirs voluptueux. Mais la volupté ici, dans le recueil de poèmes de notre poétesse Arlette Philbois, est une volupté de voyager, de dépasser tous les chemins naturels pour arriver à un autre monde céleste. Le voyage de notre poétesse est un voyage différent aux autres voyages ordinaires, c’est un voyage qui dépasse les limites de la terre et qui nous mène tous vers le ciel, vers un monde de rêves, un monde tout à fait nouveau. Le voyage vers le ciel nous fait penser à nos désirs lointains. Quand l’homme poétique, selon l’expression d’André Miguel, essaye avec toutes ses forces imaginaires de posséder des ailes pour qu’il puisse voler dans le ciel, comme des oiseaux ou plutôt comme des anges, et pour qu’il puisse posséder une autre force, celle de regarder les autres avec un œil de supériorité. Ainsi on trouve que notre poétesse Arlette Philbois, nous présente avec une grande sensibilité poétique un beau poème intitulé « Ange » où elle décrit son désir de voler, de rejoindre le monde céleste, de vivre ses rêves, de réaliser ses fantasmes d’être un être poétique rêvé même par les autres et qui occupe avec tendresse leurs songes fuyants comme les lumières.

Certes, le monde céleste est un monde souhaité par les poètes, les plus rêveurs de tous les êtres humains dans tous les temps. Car la pureté, la lumière, la splendeur du ciel, selon Gaston Bachelard, appellent toujours les êtres purs et ailés à les rejoindre. C’est pour cela que les poètes, en pensant qu’ils sont purs, ils essayent de créer par l’imaginaires leurs propres ailes, pour voler vers ce monde, vers le ciel, selon l’expression de notre poétesse Arlette Philbois.

C’est au cœur du poète que se situe la volonté d’être un être ailé. On peut remarquer cela à partir du poème de notre poétesse, intitulé « Ange ». On voit que la poétesse ici met les points poétiques sur les choses raffinés de cet univers céleste, de ce monde plein de rêves et de fantaisies, car le rêve ne mène que vers la ville intérieure de la personne concernée, qui n’est ici que la poétesse elle-même. Ainsi on trouve que notre poétesse donne aux ailes leur capacité de faire voler celui qui les possède vers le monde du ciel, et quand il sera là-bas, toutes les choses vont être changées dans ses yeux, car il va les voir comme des symboles et non comme des choses réelles, comme il les a déjà vues. Lisons ces vers poétiques tirés de ce beau poème, et suivant les pas de notre poétesse vers le monde qui préfère le rejoindre avec toute sa volonté :

«Peu de choses, il faut,
Pour que deux ailes écloses,
Dans le dos d’une belle,
Doter d’une beauté naturelle.
D’un coup d’ailes, dans l’air
Elle efface nos pleurs
Elle soigne nos cœurs. »

C’est vrai que notre poétesse ne veut de ce monde que peu de chose, mais ce peu de chose là, il considère pour elle, le monde entier, puisque ce peu là ait la capacité d’ouvrir les fenêtres de l’optimisme, d’ouvrir les chemins de la liberté, selon l’expression de jean Paul Sartre, d’ouvrir les portes du ciel.

« Peu de chose, il faut,
Lumineux, libre et immense,
Saisis pour une fois la chance,
Pour une symbolique revanche. »

Certes ce bouquet des fleurs du ciel, mais du ciel qui entre en relation avec toutes les choses naturelles de la terre. »On trouve dans un poème intitulé « Colère de la terre » dont la poétesse a essayé de défendre la vie en cette terre qui devient jour en jour, menacée par la pollution, les guerres, et bien d’autres malheurs. Lisons alors ce poème avec beaucoup de sensibilité, car ce poème là, est un chant magnifique pour faire une éloge à la vie, la vraie vie, celle de la tolérance, d’amour, et de paix, celle de pureté. Voilà quelques vers qui nous représentent toute cette sensibilité :

« La terre gronde…
Blessée par l’humain, notre planète souffre,
Et se défend avec violence,
Inondations, incendies, marées noires,
Des séries catastrophes difficiles à voir. »

Dans un notre poème intitulé « Bonjour la vie » la poétesse nous présente cette fois, ses souhaits, ses envies dans la vie. Elle nous présente tout ce qu’aime dans cette belle vie :

« Le ciel est bleu, le ciel est gris,
La nuit noire s’est refroidie,
L’aube se lève enfin conquise,
Les myriades d’étoiles s’enfuient.
…………………………………………….
Chaque matin un jour de gagné
Profitons de cette aubaine
Pour désiré et aimer
La nature dans son ensemble
Serti d’éternité. »

Certes ce poème là est plein d’optimisme, car selon la poétesse « La vie continue son chemin, et dans le jardin naquit la rose ».
Oui, dans le jardin naquit mille et une roses.

Alors accueillerons tous ces roses poétiques.

Lisons tous ce recueil de poèmes.

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- Arlette Philbois : Vers le ciel, éd. Mille Poètes LLC.2007.
Voir : www.mille-poetes.com
- Maurice Blanchot : L’espace littéraire, éd. Gallimard 1968.
- Gaston Bachelard : L’air et les songes, éd. José Corti 1943.
- Gaston Bachelard : L’eau et les rêves, éd. José Corti 1993.
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par Noureddine Mhakkak
n_mhakkak@yahoo.fr

© Mille Poètes LLC
http://www.mille-poetes.com

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Par Noureddine Mhakkak
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