Dimanche 12 août 2007 7 12 /08 /Août /2007 17:36

Né le 28 août 1967... Jacques Abéasis, nous offre avec son deuxième ouvrage, s'intitulant:

« À la fenêtre du désir »

un recueil de poésies, écrit entre 2002 et 2006 à peu près.

Au début, les poésies sont un peu sombres, puis elles deviennent plus joyeuses. Mais toujours des jeux sur les mots, une exploration constante des possibilités de langue française.

Des textes ponctués de violence, et beaucoup d’images.

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Sandra G-Forasté : Bonjour Jacques, je suis très honorée de te recevoir pour cette interview… j’ai eu la chance de parcourir ton livre « À la fenêtre du désir » et j’ai plein de questions qui me viennent…

Jacques Abéasis : "Ça y en a être tout-à-fait passionnant, et je dois dire que moâh trouver que toi y en avoir très jolis yeux" (rire). C’est vrai, je suis actuellement en plein summer of love avec une chaine de télévision franco-allemande et je suis très content d’être avec vous. « A la fenêtre du désir » est mon deuxième livre en fait… euh, le premier est paru en France en 2006, sous le titre « Anthologie de steam-punk ». Il faut dire que par essence, je suis absolument certain que les punks, le rock, les hippies, le sexe, et un certain nombre d’autres choses comme la science-fiction, le fantastique, la féerie, les arts en général, et donc la poésie partagent la même scène. Je considère qu’il est extrêmement formidable d’arriver jusqu’à moi, et que conséquemment ce qui m’atteint est un phénomène mondial, et dirais-je universel… et poivre.

Je suis très heureux et honoré des propositions de l’association Milles-Poètes qui me permettent un certain nombre d’extrapolation dans l’imaginaire. D’autant que je suis moi-même vice-président d’une association le Social Art Postal Club (on aurait pu s’appeler le Flower Power ou même les Spice Girl mais c’était déjà pris et puis j’ai déjà planché sur ce genre de problème avec les Little Green Men avant de décider qu’à moi tout seul j’allais monter un groupe de rock qui s’appelait les Beatles, ce qui fait toujours bien rire un certain nombre de mes connaissances).

Voilà pour les présentations. LOVE !


Sandra G-Forasté : Peux-tu déjà me dire justement qui est Jacques Abéasis, oui qui est-tu vraiment ? et je veux tout savoir … (sourire)

Jacques Abéasis : Bon, soit, voilà une vaste question, bien sûr j’aime l’argent, les filles, ainsi que ma gigantesque famille. Je suis gaucher, enfin plus ou moins, et tout comme Dieu, j’ai tendance à considérer que je suis. Tout court. Un démon, un diable, un démiurge, qu’importe. Un secret, j’aime prendre de la distance avec ma personnalité infernale, que je flatte souvent de bien des compliments : fantastique, formidable, wunderbach, super, extraordinaire, prodigieux… Parce qu’il ne faut pas s’économiser d’après moi dans ce domaine, d’autant qu’il paraît qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Ainsi, j’hallucine depuis l’âge d’environ seize ans, alors je suis tout-à-fait près à continuer. Quitte à dire Je t’Aime à Sigmund Freud, Jacques Lacan, Jacques-Alain Miller et quelques autres… C’est plutôt sur les sujets historiques que j’ai un peu des difficultés, mais j’explore le monde intérieur de ma conscience avec une rage inépuisable.
Indissociables de ma personnalité, je dois citer les Doors et les comics américains. A part ça, je suis né en province, à Toulouse, ai vécu quatre années d’enfance à La Rochelle, puis ai passé ma seconde décennie dans un bled de 150 000 habitants qui dort tout le temps, Limoges. Un bac D, suivi d’un Bac C m’ont mené en Psychologie, à nouveau à Toulouse, avant que, pour cause d’échecs répétés, je pénètre en 1992 dans la région parisienne. Clamart, puis Grigny, une banlieue dortoir, soit le début de l’Enfer, ou de la plus belle des histoires selon vos options. Je suis arrivé à Choisy-le-Roi en 1998, pour la Coupe du Monde de Football en France, ou presque, et je suis au chômage depuis quinze ans, j’ai actuellement 40 ans, disais donc, je suis né en Août 1967, et je vous remercie de fêter cet anniversaire avec moi. On se fait un bœuf.
Ajouterais-je, je peinds, je chante (blues, rock, et punk de préférence)… dessins, écriture de romans et de nouvelles, poésies, traduction d’anglais en français, enfin bref ce sont des aboutissements assez surprenants pour quelqu’un qui sort d’une filière scientifique. De plus j’ai jamais autant bossé que depuis que je vis en célibataire (Mon Dieu, quel mot dramatique !) et je dois dire, que je me prends pour un extra-terrestre (et sans doute un extra terrestre sans trait d’union),et que je suis sérieusement cramponné à la psychiatrie, tout comme je suis un travailleur handicapé pour motif psychique.

Fou, vous avez dis, alors je vais essayer de bouffer le pion tour avec mon cavalier pour tenter vainement de déclouter ma reine. Je dis que ma philosophie est plutôt que chaque jour est un nouveau jour, et qu’il faut absolument prendre son pied !


Sandra G-Forasté : Tes premiers écrits datent de quand Jacques ?

Jacques Abéasis : De… quand j’étais à l’école primaire à La Rochelle, cependant on m’a fait faire tellement de conneries entre les âges de 6 à 22 ans que depuis 1994, je réécris une description du monde, ou même de l’Univers, ne résistant pas toujours aux vents et aux marées. En fait, du point de ces débuts là, le livre Le Magicien d’Oz a fonctionné comme un déclic, avec un certain nombre d’autres tel Le bruit et la Fureur de William Faulkner. En fait, rien n’est tout noir ni tout blanc, comme dirait Bouddha au Ying et au Yang. Je me raconte pas mal d’histoire, aussi un jour de 1994 en lisant le magazine Dragon, traduction d’une revue US, j’ai décidé d’écrire des contes que je pourrais toujours me conter à moi-même si cela n’intéressait personne d’autre.
Je me suis aussi mis à peindre, tout ça à la suite de la découverte de mon arbre généalogique par une cousine qui a été élevée avec mon père à Tunis (en Tunisie). Bref, quand j’avais 25 ans, c’était vraiment le gros boxon !

J’ai donc écrit des contes pour le magazine Dragon, une ou deux poésies que j’ai éliminé de A la Fenêtre du Désir, puis je me suis mis à écrire une histoire un peu plus longue d’aventuriers, de rois, de valeureux guerriers, de magiciennes, et de sorcières. Je dois dire que la bande dessinée Elfquest de Richard et Wendy Pini m’y a beaucoup aidé.
Ceci dit, de dix, puis vingt, cinquante, à cent pages, j’ai fini par me dire que je pouvais écrire un petit roman, ce que j’ai fait avant de commencer à contacter les grands éditeurs, en particulier Le Fleuve Noir, ce qui voyez-vous n’est pas vraiment le commencement le plus évident ai-je cru le comprendre un peu plus tard. Quoi qu’il en soit, il n’est jamais facile de débuter, et avec un nom de famille comme le mien, j’ai plutôt l’habitude de ce genre de situation. Je dois vous avouer que cette année de 1993 et de 1994 a été une année de grande débauche sexuelle pour moi, c’est quand il a fallu redevenir sérieux, un petit peu, que je me suis mis à écrire régulièrement tous les jours.
D’abord de l’héroïc-fantasy, puis de la science-fiction, de la littérature générale et de la poésie. Ce n’est pas fini, depuis 2001, je tiens un bulletin, je fais donc du journalisme, et aussi je rédige des blagues qui me reviennent en mémoire, ou que l’on me raconte. Car c’est très important de rire.

En fait, l’écriture de romans et de nouvelles est devenue un des piliers de ma vie et de mon équilibre mental.


Sandra G-Forasté : De manière générale, tes écrits sont inspirés par qui, par quoi ?

Jacques Abéasis : Ma vie courante, mes rencontres, et ma mémoire. Je crois que le monde qui nous entoure est une description, sorte de story told by an idiot pour citer Shakespeare me semble-t-il, et qu’on peut changer cette description, en agissant ou en ne faisant, ça revient au même en fait. A chaque seconde qui s’égrène dans le sablier du Temps, de multiple Moi apparaissent, soit autant d’Univers parallèle, je suis donc Un et une Infinité.

Inspiré par quoi ? Ma foi, par tes forts jolis yeux ! Par les Muses, ou par l’Amour, par la Terre, l’Eau, le Feu, l’Air, par les Mythologies et le Cosmos. Par mes lectures aussi, bien sûr !
Je dois dire que les sujets que je traite bien souvent me colle à la peau, et qu’on ne peut pas faire le bonheur des autres si on n’est pas heureux soi-même. Ce qui demande des soins et des efforts constants.

Sandra G-Forasté : Jacques, la couverture de « À la fenêtre du désir », c’est toi qui la crée, très originale, elle t’a été inspirée comment ?

Jacques Abéasis : Oui, je peins aussi ! Pour être franc, elle m’a été inspirée par les hobbits de Tolkien, et un dessin d’un numéro de la revue Polyhedron, le numéro 109, me semble-t-il… C’est un dessin que j’ai recopié et coloré à ma manière. Pour ainsi dire ce peut être une aventurière, une simple voyageuse ou une reine, ou une prêtresse en voyage. Les couleurs sont de pures inventions…
A vous d’imaginer de quoi il s’agit, pour moi, c’est un personnage que j’aime beaucoup, comme Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, et un certain nombre d’ouvrage qui sont parus plus récemment… C’est aussi à la mode de faire ce type de fantaisie à l’heure actuelle.

De plus c’est celle qui figure sur mon bureau à l’ordinateur, autant dire j’ai un sentiment très fort avec ce personnage. J’ai commencé à peindre en même temps que j’ai commencé à écrire et bien sûr par des histoires d’elfes, de hobbits et de dragons… Alors, ça me permet de me rappeler de tout ce qui s’est passé depuis.


Sandra G-Forasté : « À la fenêtre du désir » c’est ton premier ouvrage ? Peux-tu aussi nous en parler un peu s’il te plait ?

Jacques Abéasis : Non, le second, mais le premier de poésie. Le premier est « Anthologie de Steam-Punk » , un recueil de 6 nouvelles écrites entre 2000 et 2005, est paru en septembre 2006 en France et sur Amazon. Il s’est pour l’instant vendu à 80 exemplaires, alors j’essaie d’étendre mon rayon d’action.
Pour moi la poésie permet de jouer sur les mots et de mieux connaître la langue, vous savez entre les lapsus et la linguistique on se construit une multitude d’univers. Je veux dire que j’ai écrit mon premier poème en 1983 probablement, c’était un devoir de français au lycée, tout comme je me souviens qu’un de mes premiers sujet de dissertation à l’âge de dix ans était une extrapolation d’un livre sur Alexandre le Grand, qui me demandait d’écrire une lettre, comme si j’étais un soldat grec qui écrivait une lettre à sa femme restée au pays… J’ai commencé, par : Aujourd’hui, en 333 avant Jésus-Christ… Ceci pour dire que c’étais très mal parti.

En fait, l’écriture de contes et de romans m’a obligé à tout réétudier au niveau de ma langue natale (Is it a Joke ?), et je continue ces recherches entre autres avec la poésie. La poésie me permet de me concentrer et de jouer avec les mots (et quelquefois les maux). C’est fou le nombre de sens que l’on peut donner à un son et à une intonation.

Je parle aussi un peu anglais, quelques mots d’espagnol, et des mots qui me reviennent d’ici ou de là. Je joue beaucoup avec les images et les sensations.
Cet ouvrage est aussi à mon sens le produit de mon club, le Social Art Postal Club, d’ailleurs certains poèmes sont parus sous forme de recueil, et ont déjà été lus et relus. Il propose des envolées lyriques, mais aussi des énigmes et des rébus dont je n’ai d’ailleurs pas les clés. La langue française est une entité relativement énorme.

Sandra G-Forasté : Je ressens beaucoup de souffrance, de peine dans certains de tes écrits, ils dégagent même, pour certains, une colère amère, tu veux nous en parler?

Jacques Abéasis : Vrai, je suis plus Jim Morrison que Victor Hugo, me semble-t-il, ceci dit la poésie est un moyen d’expression, et disons que des choses m’ont beaucoup fait souffrir, mais que je tente par des moyens parfois absurdes de les positiver.

Une chose qui m’a beaucoup fait souffrir est mon échec à l’université, ceci dit, il y a des raisons, puis il est vrai que parfois la différence entre échec et réussite est très mince. Comme disait un président français, nous sommes au bord du gouffre, donc nous devons faire un grand pas en avant !
Quant à ma colère, c’est celle du rock en général, ou d’un boxeur dans les cordes. Je crois qu’on vit actuellement dans un mode extrêmement violent, et je réponds aux coups qu’on me donne. Je crois que ce n’est pas vraiment un choix, ce serait plutôt de l’ordre de la pulsion de vie et de la pulsion de mort. Il y a des choses en moi qui ne veulent pas crever, et ce sont elles qui donnent un sens à ce que je suis. Finalement il est vrai que je ne suis qu’un nain sur l’épaule d’un géant.

Enfin, j’espère qu’à la fin des temps, il restera quelques nobles âmes pour en rigoler sincèrement et franchement. En outre, je crois que ce malaise est dû à ce que je n’ai pas du tout la vie que je m’imaginais, et aussi au fait que je fais tout un tas de choses, parfois pour me défouler, parfois pour le plaisir, parfois pour remettre tout ce foutoir en ordre. Je veux dire que je vis avec des personnages, réels, imaginés, et même fantômes… Vous connaissez sans aucun doute tous ça.


Sandra G-Forasté : Ta famille, ta maman… ont lu tes ouvrages ? si c’est le cas : Ils en pensent quoi ? et que ressent ta maman face à la lecture de tes écrits, face à tes sentiments ?

Jacques Abéasis : Je me rappelle d’un vieux gag qui dit : Toutes des salopes sauf maman ! Ce n’est pas ce que je pense.

Bien en fait, elle est au courant depuis assez longtemps, car je m’entretiens souvent avec elle, surtout au téléphone, pour lui raconter mes humeurs et ma maladie psychique. Je suis très proche d’elle, et d’ailleurs, maintenant qu’elle est à la retraite on va se voir plus souvent.

Je suis très proche d’elle depuis l’âge de 16 ans environ, d’autant que mon père est mort très jeune.
Qu’en pense-t-elle ? Je ne sais pas, en fait. Elle a vu dans quel état j’étais il y a quelques années, et pense sans doute que c’est une thérapie, qui me pèse lourd mais me permet de m’accrocher au sol et de ne pas trop déprimer face à ma situation sociale. De plus, j’ai fait lire quantité de truc à ma psychiatre (je suis suivi en psychiatrie depuis Novembre 1996). Les deux pensent que c’est bien de pouvoir s’exprimer ainsi, d’autant que la littérature n’était pas ma spécialité à la base.
Et puis d’autres choses ont évoluées dans les domaines de l’écriture à mon niveau : je tiens le bulletin de l’association, qui fait 25 pages et qui est trimestriel depuis six ans. Donc, je m’exprime et je me répands dans Choisy-le-Roi et les environs. Je participe aussi à un petit journal auprès d’un service social.

Donc, je crois que ça a un effet positif sur moi que d’écrire, ça me permet de rejeter et de bonifier des instants difficiles. Peut-être est-ce la source d’un certain style, sans doute d’ailleurs à bien réfléchir… Je prends un sacré pied à écrire, et des fois ça me permet de me ramasser moi-même à la petite cuillère.

En tout cas, mon premier livre Anthologie de Steam-Punk a fait plaisir à du monde, et le second est une excellente nouvelle. Ma maman sait que que c’est important pour moi de pouvoir m’exprimer en écrivant. Je fais ça tous les jours depuis 13 ans maintenant, et je peux dire qu’on en arrive à dire et à faire des choses étranges. La difficulté est parfois de se détacher de ce qui est écrit. Il m’a fallu atteindre l’an 2000 à peu près pour commencer à relire mes écrits, et c’était quasiment illisible.
Heureusement, j’ai réécris des choses, et tout ça s’est beaucoup amélioré.


Sandra G-Forasté : Y’a-t-il eu des difficultés passagères, pour l’élaboration de cet ouvrage ?

Jacques Abéasis : D’énormes, car la poésie ne m’est pas naturelle.
Lesquelles, ma foi, la mort de mes grands-parents, la drogue, le suicide, l’argent, des revers de fortune, et puis des agressions verbales autant que physique, des voisins encombrants, la recherche de moi-même…

Il n’y a pas de réponse à une telle question, ces difficultés sont inhérentes à ce que je suis, donc quand elles ne sont plus là, je les reproduis moi-même. Disons, que ce que j’affronte, n’est guère qu’une partie de moi-même. Autrui n’est pas un autre. Enfin bref, c’est vrai que j’ai tendance à nier l’individu sans jamais pouvoir le faire disparaître.

C’est un peu étrange, mais ça me paraît naturel.

Un obstacle dont je ne parle d’ailleurs pas, c’est l’explosion de l’informatique, du moins en France, avec des prix divisés par trois qui date de 1996-1997, puisque ça a été une difficulté, ça le reste, mais c’est un énorme avantage personnel, et pour tout le monde. Sans parler d’Internet qui permet de faire des choses tout-à-fait fantastiques. On n’est pas loin du village mondial avec cet outil, si ce n’était la guerre permanente que se livrent les opérateurs téléphoniques.
Des difficultés il y en a toujours et toujours eu, le fait de faire de la poésie est pour moi une réponse, à la solitude, à la frustration,…

Quand je fais des poèmes, j’essaie de garder en mémoire Homère et La Bible… Des trucs d’il y a très longtemps.


Sandra G-Forasté : Je lis et relis certains de tes poèmes, ton style unique et qui t’appartient, est sublime…mais il vient d’où ?

Jacques Abéasis : Merci, c’est très gentil à vous, je crois que je vais vous proposer d’aller prendre une bière ici ou là !
Peut-être bien de Poughkeepsie, de Winnipeg, de Lake Geneva, de Demain à l’Aube au chant du tuer de Michel Pagel, de Tolkien… Ce n’est pas toujours très clair mais Blanche-Neige me raconte souvent des choses très intéressantes.

Je fais beaucoup dans le culturel, dans le porno, et dans l’absurde ! Mes sources d’inspiration sont très variées et chacune unique, un style c’est un peu la partie apparente de l’iceberg. Ça vient peut-être de ma femme me souffle l’inspecteur Colombo. Je dois dire que ma mère m’en fait souvent voir des vertes et des pas mûres, quant à ma grand-mère, c’est proprement l’Enfer. Ou alors c’est que ça me vient tout droit de mon arrière-grand-père Raphaël, mais alors là vraiment, je n’y suis pas pour grand-chose. Il paraît que mon arrière-grand-mère du côté paternel était elle aussi absolument terrible et ça ne m’entonnerait pas que je tienne beaucoup d’elle.

Il se peut aussi que ce soit un don de la Madone, parce qu’avec un tel talent, je me demande franchement d’où ça peut venir. Peut-être de la journaliste qui m’interview ?
Parce qu’il faut être doué pour faire une œuvre d’art, mais il faut sans doute être encore plus doué pour la voir. Vous savez, je vous trouve moi aussi formidable, sublime, unique… et puis c’est vraiment extraordinaire l’accueil que vous me faites.


Sandra G-Forasté : C’est également un grand plaisir pour moi, cette interview… Jacques ! Le vécu de ton enfance jusqu'à ce jour t’a pas mal inspirée je trouve, non … car je ressens beaucoup de vécu dans tes écrits, est-ce exact ?

Jacques Abéasis : Bien , ma vie n’est certainement pas un exemple de ce qui se fait de mieux, mais j’ai passé beaucoup de temps à analyser mon passé, ma mémoire, la façon d’appréhender sa propre histoire. C’est d’ailleurs ce qu’on fait avec un CV… C’est-à-dire, qu’il m’a fallu vers 30 ans me reconstruire entièrement, ma psychiatre peut vous en parler, y avait du boulot, et il y en a encore. Mais je cherche à faire la paix avec moi-même, avec mes pulsions.

Qui plus est je n’ai pas de boulot, des stages plus ou moins longs dans des domaines variés, mais pas de travail qui m’accroche au sol et me fait participer au monde extérieur. J’ai donc développé diverses attitudes et aptitudes. Mon métier est sans doute quelque chose genre agent administratif ou opérateur de saisie, mais je cherche encore.
En même temps, je suis vice-président d’un club GEM, ce qui me permet d’aider les autres, on est 130 adhérents. Pas grand-chose à voir avec ma jeunesse, mais longtemps je n’ai eu aucun souvenir de ma jeunesse, et j’ai fait un effort énorme pour que tout ça revienne !
Aussi, je suis le produit culturel de cette histoire personnel aussi j’essaie d’en prendre soin. Une de mes philosophies personnelles serait : « Rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir », voulant dire qu’un grand désastre peux toujours être interprété comme une grande victoire, mais faites gaffes aux dépressions et aux crises de nerf.

Nous avons tous besoin d’une Histoire personnelle, je crois. Chez certains, c’est plus important que d’autres. Et puis quand j’écris je me vide, il n’est donc pas étonnant que ce que j’ai vécu transparaisse entre les lignes. Ça doit être le cas de tous les écrivains je pense. Un écrivain, comme un chanteur, est obligé de se livrer, de dire ce qu’il a sur la patate et de donner un sens à son écriture. Ce qui est écrit, c’est un message…


Sandra G-Forasté : Après l’avoir lu, je suis touchée en plein cœur…peux-tu me parler du titre « Une Chanson » ?

Jacques Abéasis : Une chanson douce que me chantait ma maman, une chanson, c’est cruel !
J’ai commencé comme une berceuse, parce que c’est génial les berceuses, et toute la variété française m’est passée dessus. Je dois avouer que les chansons pour moi, ça remonte à il y a vachement longtemps, d’ailleurs, j’ai une amie Chantal qui pourrait vous en parler rudement longtemps.

J’ai toujours tendance à considérer que la musique actuelle est sacrément nulle, et c’est dû à une certaine vénération pour le passé. Là, je sens qu’il va me pousser de grandes cornes. Le rythme, les bruits, le son, l’ouïe, les frôlements, les froissements, les bruits, tout cela est une magnifique symphonie pas toujours inachevée. Je dirais qu’il n’y a pas que Mozart et Beethoven qui ont fait du boucan, déjà à l’époque de la Guerre de Troie, quand l’étrangère est arrivée nue… ce qui m’a mis la puce à l’oreille comme dirait Monsieur le Consul.
Bien en fait, je dois dire que j’aime beaucoup ma mère, comme il faudrait dire à Monsieur Freud. Je crois que la musique des bardes ou des cieux a toujours existé, depuis bien avant qu’on m’invente, et que moi-même j’en suis encore là, à mettre mes paroles en musiques.
Il me semble que cette douce sonate, symphonie, ou mélodie qu’on entend, comme le bruit de fond à 3K dans tout l’Univers, c’est un résidu de ce qui vient avant, avant moi, avant qu’il y ait des gens pour la comprendre. Peut-être un monde où nous n’étions que des animaux, des plantes, ou des cailloux…

Une musique divine dit-on… Une chanson, c’est plein de mots, c’est donc une création inspirée par quelque chose qui était là avant les dieux. Une chanson, c’est quelqu’un, qu’on aime ou qu’on déteste, c’est comme une fumée ou une odeur. Une chanson, ça vous dit qu’il y a quelqu’un… qu’il y a quelqu’un qui vous aime !
Voilà pourquoi, en fait, une chanson, c’est très puissant !


Sandra G-Forasté : Comment as-tu connu Mr Guy Boulianne et les Mille Poètes ?

Jacques Abéasis : Je ne sais pas si c’est pour une psychanalyse, mais je vais régulièrement à la bibliothèque de Choisy-le-Roi, et ils organisent depuis peu des Cafés Poésie. Naturellement j’y suis allé et ai lu quelques poèmes de moi et du club. Ces Cafés Poésie sont organisés par la Biennale de Poètes en Val de Marne (dont j’ai donné l’adresse à Monsieur Gabriel Perrin), c’est là, le 9 juin que j’ai rencontré Monsieur Gabriel Perrin qui m’a parlé de l’association Mille-Poètes, et on s’est occupé tous les deux de faire paraître mon ouvrage.

C’est ainsi, sur le net, que j’ai donc rencontré Guy Boulianne, et je dois dire que ça m’a l’air d’être quelqu’un qui a grand cœur, très sympa, et aussi très compétent.
La poésie à Choisy-le-Roi a une longue histoire, pensez que Choisy-le-Roi était un pavillon de chasse du roi Louis XV, et qu’il y a quatre bibliothèques, et un fond de poésie particulièrement important.
Donc, pour ce qui concerne Mille-Poètes, l’association est en train de s’installer en Val-de-Marne, et c’est une véritable rencontre qui s’est produite entre Monsieur Gabriel Perrin et moi. Lui-même était peut-être un peu déboussolé au début, en juin, mais il m’a beaucoup aidé à vous contacter. D’autant que je lui ai indiqué au club une autre personne qui va faire éditer un livre auprès de Mille-Poètes, Nady Kim, d’ici peu.

Je connais donc Mille-Poètes depuis le 9 juin 2007 très exactement.


Sandra G-Forasté : Jacques Abéasis et les écrivains contemporains, as-tu une préférence ?

Jacques Abéasis : Grande question en ce vaste domaine, ouais, John Wayne.
Non, mais en fait, j’ai moi-même un pôte qui se prend pour Jacques Abéasis, et je dois avouer qu’il est très doué.

Sandra G-Forasté : As-tu d’autres projets maintenant ?

Jacques Abéasis : Certes, cet ouvrage que j’espère vendre à un public nombreux. D’autres ouvrages à faire paraître. Un CD avec notre groupe de musique du SAPC. Et mener à bien les diverses taches que j’ai en cours.

Faire fortune, avoir bon cœur, et me marier avec toi ! C’est donc tout un programme. Mais, surtout faut pas se presser, certes la nuit est longue, mais dès demain matin, il y a tout plein de choses à faire. Un autre projet est d’acheter un appartement, du moins c’est une idée qui traine très sérieusement à l’heure actuelle. De fait, mes projets sont nombreux, l’un d’eux et pas des moindre est de me rendre heureux, et je vous jure que c’est un drôle de taff !


Sandra G-Forasté : Je vois en toi beaucoup d’humour, un homme droit et chaleureux… Je me trompe ?

Jacques Abéasis : je ne vais certes pas dire le contraire ! Il y a aussi, comme tu dis du désespoir et de l’amertume, mais il faut dépasser ses propres péchés, je crois (Je ne crois pas vraiment en Dieu, mais qu’importe), et essayer d’être intègre.
Ceci étant, ne vous inquiétez pas, j’ai aussi bien des défauts, mais j’essaie de respecter les autres, et donc, avant tout de me respecter moi-même. C’est très important d’avoir une bonne opinion de soi-même… mais ça rend la vie infernale !

Oui, c’est vrai, j’ai une tendance fort naturelle à l’honnêteté et je me sers aussi beaucoup de l’auto-dérision. C’est probablement dû à une éducation humaniste, et je cherche le bonheur pour moi et pour les autres. C’est pour ça qu’accueillir nos adhérents au Club avec un café, avec quelques paroles, leur faire visiter les lieux sont des choses qui me font plaisir.

Je… d’après moi, on est sur le même bateau, faut se serrer les coudes, et on s’en sortira ensemble. Je ne crois pas que quelqu’un en particulier vaille plus que quelqu’un d’autre, mais plutôt que chacun peut apporter quelque chose. Les ressources d’un être humain sont vraiment vertigineuses.
Je dirais donc, bienvenu à la maison.


Sandra G-Forasté : Je ne peux que te dire MERCI, merci d’avoir accepté cette interview, j’en ai été très fière et honorée… j’ai hâte maintenant de voir la suite de Jacques Abéasis… J’espère recevoir vite de tes nouvelles…

Jacques Abéasis : Et moi, j’espère en donner rapidement. C’est vraiment bien de pouvoir parler du pourquoi et comment de l’écriture. J’avais beaucoup de choses à dire à ces lecteurs, futurs et anciens. L’écriture est un moyen d’expression qui véhicule des idées, exprime des opinions. Un écrivain ne peut pas mentir, à mon avis, ce qu’il est, ce qu’il pense transparaît dans ce qu’il écrit. Il est obligé de s’investir dans son écriture pour la rendre puissante, et y mêle forcément une partie de lui.

Je suis donc très content de cette interview qui permet de mettre un peu les choses au point, car il est vrai qu’en poésie, il est facile de se cacher. Ce n’est pas mon but, car j’ai des messages d’amour et de paix à faire passer… J’écris pour qu’on me lise et je dessine pour qu’on me regarde, aussi je remercie Mille-Poètes et Guy, et puis Sandra de me donner cette tribune.

Merci beaucoup, sincèrement…


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Entrevue de Sandra Géraldès-Forasté
geraldes914@hotmail.com
http://www.webzinemaker.com/artpoesie

© Mille Poètes LLC
http://www.mille-poetes.com
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Par Sandra Géraldès-Forasté - Publié dans : Entrevues
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